Chers amis et soutiens,
En relation avec le Népal au jour le jour, nous tenions à vous faire un point sur la situation, ce dimanche 30 août suite à la terrible crue de mercredi.
Cela va vous permettre de comprendre dans quel contexte difficile et pour quels besoins objectifs Nepal Care va inscrire son action.
Kamal et son équipe partent demain pour se rapprocher de la zone sinistrée et identifier le plus directement possible les priorités pour notre association en terme d’intervention. Ils souhaitent trouver avec qui se coordonner (il faut savoir qu’au sein même des organisations locales, il y a eu énormément de décès, dégâts matériels et la désorganisation est très grande) pour faire parvenir notre aide aux populations.
Grâce à votre générosité, aux dons qui ont afflué vers notre association ces derniers jours, notre équipe népalaise va amener avec elle couvertures, habits chauds et nourriture qui sont dores et déjà identifiés comme indispensables à énormément de sinistrés. Nous verrons ensuite à quels autres besoins nous pouvons répondre.
Nous souhaitons à Kamal et son équipe bon courage, car la rencontre avec les populations sinistrées et traumatisées va sans doute être éprouvante. Nous leur demandons aussi de faire très attention à eux car les vallées demeurent dangereuses avec les pluies qui continuent à tomber.
Point sur la situation au Népal
Situation générale
La catastrophe du 26 août a principalement frappé le corridor Bhotekoshi–Trishuli, avec des dégâts considérables dans Rasuwa, puis Nuwakot et Dhading. Routes, ponts, habitations, réseaux électriques et télécommunications ont été détruits. Plusieurs collectivités locales ont elles-mêmes été gravement touchées, ce qui complique énormément la coordination des secours et même le recensement des victimes.
La situation hydrologique s’améliore mais reste surveillée : ce matin, le débit du Bhotekoshi remontait mais sans risque de nouvelle crue majeure annoncé pour l’instant. Le Trishuli a toutefois également monté, et les populations riveraines restent en alerte.
Quelques chiffres
- 734 morts et 2 498 personnes portées disparues : il s’agit du dernier bilan gouvernemental communiqué par la NDRRMA à 9 h ce dimanche 30 août. Il fait état de 242 blessés et 8 186 personnes secourues.
- 19 895 membres des forces de sécurité sont mobilisés : 8 399 militaires, 7 213 policiers et 4 203 membres de l’Armed Police Force.
- À Rasuwa, l’armée a évacué 2 697 personnes, dont 2 497 par voie aérienne et 200 par voie terrestre.
- Les recherches dans le tunnel 3A du projet Trishuli Hydropower ont effectivement été interrompues temporairement ce matin à cause de la remontée des eaux après les pluies nocturnes.
- Des équipes spécialisées indiennes, chinoises et sud-coréennes sont désormais impliquées dans l’aide aux opérations de recherche, notamment pour les tunnels.
- La Chine a livré ce matin 50 tonnes de matériel humanitaire, soit 13 200 articles : tentes, couvertures, sacs de couchage, nourriture et trousses de premiers secours.
- Le gouvernement népalais a débloqué des fonds pour les collectivités touchées : 67,5 millions de roupies.
1. La recherche et le sauvetage restent prioritaires
Des milliers de personnes ont déjà été secourues, mais des centaines, voire davantage, restent difficiles à localiser.
Dans Rasuwa, des personnes sont encore signalées comme isolées autour de Timure, Syabrubesi, Haku et Mailung. Des appels continuent d’arriver aux services d’urgence, mais les équipes ne peuvent souvent pas rejoindre les villages par la route.
Les tunnels des projets hydroélectriques constituent un problème particulier. Les équipes népalaises poursuivent les recherches et des spécialistes indiens, chinois et sud-coréens commencent maintenant à intervenir, notamment pour les opérations souterraines.
➡️ Besoin actuel : moyens aériens, équipes spécialisées, équipements de recherche sous les décombres et dans les tunnels, drones, matériel de détection et personnel supplémentaire.
2. Le deuxième besoin devient l’accès aux populations
C’est probablement le problème humanitaire le plus important qui apparaît maintenant.
Une partie de Rasuwa est pratiquement coupée du reste du pays. Les routes et les ponts ont été emportés et certaines zones ne sont accessibles que par hélicoptère ou par des itinéraires très difficiles. La police elle-même explique qu’elle dépend des hélicoptères de l’armée pour atteindre certaines zones.
Dans certaines municipalités, les autorités ne disposent plus de leurs bâtiments, de l’électricité ou des télécommunications. Elles ont donc énormément de difficultés à savoir combien de personnes sont encore isolées, déplacées ou disparues.
➡️ Besoin : rétablir les accès, petits véhicules tout-terrain, carburant, moyens de communication, téléphones/satellites, groupes électrogènes et surtout moyens de transport des secours.
3. Nourriture et eau : le besoin devient urgent
Les personnes qui ont survécu et ont été regroupées dans des écoles ou des centres d’accueil commencent à manquer de produits essentiels.
Les médias népalais signalent notamment des problèmes d’approvisionnement en :
- nourriture
- eau potable
- médicaments
- vêtements et couvertures
- produits d’hygiène.
Dans certaines zones de Rasuwa, l’approvisionnement alimentaire et les communications sont toujours interrompus. Des distributions commencent à arriver par des itinéraires alternatifs, mais ceux-ci ne permettent parfois que le passage de petits véhicules.
Une municipalité de Rasuwa accueille par exemple environ 750 personnes dans quatre centres, tout en ayant elle-même perdu une grande partie de ses moyens de fonctionnement.
➡️ Besoin : nourriture, eau, systèmes de purification de l’eau, couvertures, vêtements chauds, tentes et équipements pour les centres d’hébergement.
4. La santé devient une préoccupation majeure
Les besoins médicaux vont probablement augmenter dans les prochains jours.
Des survivants ont perdu leurs médicaments dans la catastrophe et certains centres sont difficiles à approvisionner. Les blessés doivent parfois être évacués par hélicoptère.
Un autre problème très lourd apparaît : la gestion des corps. Les corps retrouvés ont été emportés parfois très loin en aval et les morgues commencent à manquer de place. Beaucoup sont difficiles à identifier, notamment lorsqu’il s’agit de restes humains partiels.
➡️ Besoin : médicaments essentiels, soins de première urgence, équipes médicales mobiles, matériel sanitaire, soutien psychologique et moyens d’identification des victimes.
5. Les personnes déplacées vont avoir besoin d’aide pendant plusieurs semaines
Une fois sauvées, les personnes ne peuvent pas nécessairement rentrer chez elles.
Certaines maisons ont été détruites ou sont dangereuses. Des familles sont séparées parce que les ponts et les routes ont disparu. À Bidur, par exemple, cinq ponts ont été emportés et des centaines de personnes restent difficiles à contacter.
Les autorités commencent donc à parler non seulement de secours mais de relèvement et de réhabilitation.
➡️ Besoin à court terme : hébergement temporaire, nourriture, vêtements, literie, hygiène, aide aux familles séparées.
➡️ Besoin à moyen terme : reconstruction des maisons, écoles, routes, ponts, réseaux électriques et systèmes d’eau.
6. Un besoin moins visible : rétablir les communications
Dans certaines zones, téléphone, électricité et Internet sont coupés. Cela signifie qu’une personne peut être vivante mais incapable de signaler où elle se trouve.
Cela explique également pourquoi les listes de disparus sont encore très incertaines.
➡️ Besoin : téléphones satellites, moyens radio, générateurs, batteries, équipements de télécommunication et rétablissement des réseaux.
En conclusion, comme vous pouvez le constater, les besoins sont immenses et l’avenir même de ces vallées en contrebas de l’himalaya bien incertain au vu de la situation de dérèglement climatique qui va aller en s’aggravant.
Pour autant, nous nous engageons à porter toute l’aide que nous aurons la capacité de fournir, en fonction des besoins et des possibilités.
Merci encore pour votre présence à nos côté !